Le Secteur bancaire burundais : Enjeux et Défis

L’Association des Banques et Établissements Financiers du Burundi (ABEF) organisait ce jeudi 29/09/2016 un atelier informatif pour étudier les enjeux et les défis du secteur bancaire au Burundi et voir comment les récentes mesures légales viennent améliorer l’assainissement du climat bancaire au Burundi.

Quatre thèmes furent successivement traités à savoir les enjeux et défis, la question du taux d’intérêt et de sa capitalisation, le projet de loi régissant les activités bancaires ainsi que la problématique de fixation du taux d’intérêt et la réalisation des garanties dans l’industrie bancaire au Burundi.

Le Secteur bancaire burundais : Enjeux et Défis

Présenté par Dr Eric Ngendahayole premier thème donne un bref aperçu de la situation actuelle du sectaire bancaire du Burundi de par ses enjeux et défis.

Quelques chiffres sur le secteur bancaire au 30/06/2016 (millions de BIF) – Source BRB

Quelques chiffres sur le secteur bancaire au 30/06/2016 (millions de BIF) – Source BRB

Le secteur bancaire rencontre plusieurs défis, surtout liés à la conjoncture politico-économique et sociale actuelle:

  • Environnement macro-économique défavorable dont la baisse des revenus de l’état et recours accentué à l’endettement intérieur, la baisse des aides extérieurs et raréfaction des devises pour financer les importations, et la baisse de la commande publique et difficultés de remboursement des emprunteurs du secteur bancaire ayant essentiellement les entités de l’ État comme principaux clients, tout cela conduisant deja une hausse du risque et de l’ inflation induisant une hausse des taux d’intérêt.
  • Absence d’informations sur les clients qui entraine un faible engouement des banques pour faire du crédit
  • Étroitesse du marché:
    • Faible Pouvoir d’achat des particuliers et donc faible capacité d’ épargner et d’ emprunter,
    • Faible diversification des produits
    • Problème de convertibilité de la monnaie burundaise pour s’étendre sur les marchés régionaux,
    • Taux d’intérêt trop élevé pour assurer la rentabilité de potentiels projets dans des secteurs clés comme l’ agriculture qui pèse pour 42% dans le PIB Burundais
  • Mécanismes de garanties limités et inefficaces :
    • Mécanismes de garanties orientés uniquement vers l’ hypothèque.
    • Absence de mécanismes fiables de prises de garanties non hypothécaires/ ex- Suretés Mobilières
    • Absence de mécanismes publiques de garanties du secteur agricole ( Assurance calamité ou intempéries)
    • Difficulté à réaliser les garanties ( essentiellement hypothécaires) dans un délai raisonnable;
  • Coût du crédit (taux d’intérêt)
    • Taux d’intérêt trop élevé pour assurer la rentabilité de potentiels projets dans des secteurs clés comme l’ agriculture qui pèse pour 42% dans le PIB Burundais
  • Des opérations hors de contrôle : ex : le mobile banking
  • Un cadre légal qui ne répond pas aux exigences d’ harmonisation de l’ EAC
  • Difficultés à financer l’ investissement
  • Système Judiciaire Faible et cadre légal implémenté : Ex : in-effectivité du cadre légal sur l’insolvabilité, la faillite et l’entreprise en difficulté;

 

Mais tous ces problèmes ne sont pas uniques au Burundi et peuvent trouver des solutions surtout qu’il y a des opportunités et perspectives d’avenir :

  • Possibilités d’accroître produits et marchés (Crédit bail, Mobile banking, bancassurance, etc.)
  • Intégration Régionale qui devrait favoriser la conquête de nouveaux marchés et partenariats et l’ entrée de ressources sur le marché local
  • Volonté Politique (BRB) d’engager des réformes pro-Développement du secteur Financier : Ex – Modernisation des systèmes de paiements, projets de loi sur les sûretés mobilières, révision de la loi bancaire, plan de développement du marché financier, etc.,
Taux pratiques par les banques de l'EAC

Taux pratiques par les banques de l’EAC